đŸ«Â Temps de CĂ©sure
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đŸ«Â Temps de CĂ©sure

L'universitĂ© de Sorbonne Nouvelle quitte le site de Censier, nichĂ© au cƓur du 5Ăšme arrondissement parisien. Les bĂątiments des annĂ©es 1970 seront occupĂ©s Ă  nouveau par des Ă©tudiants aprĂšs des travaux de rĂ©amĂ©nagement et de dĂ©samiantage. Entre-temps, un crĂ©neau de deux ans s'ouvre pour un nouveau lieu Ă©phĂ©mĂšre : CĂ©sure. L'EPAURIF, propriĂ©taire des lieux, a contractĂ© avec Plateau Urbain pour l'amĂ©nagement temporaire et l'animation des locaux pendant cette pĂ©riode. Les 25000 m2 sont dĂ©diĂ©s pour un temps aux savoirs inattendus, avec prĂšs de 200 structures accueillies (artistes, acteurs de l'ESS, mĂ©dias indĂ©pendants...), 2000 Ă©tudiants qui frĂ©quentent encore les lieux, une immense salle polyvalente de 900 m2, une bibliothĂšque universitaire transformĂ©e en cantine par Yes We Camp, un amphithĂ©Ăątre et plein de recoins pour imaginer de belles choses.

Projet d'envergure, le montage de CĂ©sure a Ă©galement Ă©tĂ© l'occasion de structurer un cadre juridique Ă©quilibrĂ© qui pourra servir Ă  d'autres lieux, mĂȘme beaucoup plus modestes. PlutĂŽt que de naviguer dans un flou assez commun dans ce type d'opĂ©ration, le bail prĂ©cise les responsabilitĂ©s, assure la transparence des relations sans pour autant figer les choses. Cette souplesse est essentielle tant les incertitudes sont nombreuses sur les aspects techniques comme les usages. La multiplication des opĂ©rations et la professionnalisation des acteurs ont permis progressivement de dĂ©velopper des savoir-faire spĂ©cifiques de l'occupation temporaire. CrĂ©er les conditions techniques d'une occupation d'un bĂątiment pour quelques annĂ©es, c'est hybrider les pratiques de l'architecture de la transformation et celles de l'Ă©vĂ©nementiel. À cela s'ajoute une attention soutenue Ă  la sobriĂ©tĂ© des moyens dĂ©ployĂ©s, quitte Ă  faire des compromis sur les usages, ainsi qu'une relation Ă©troite entre technique et programmation, que l'on retrouve dans l'organisation des lieux culturels.

Mais s'il faut traiter des questions trÚs pragmatiques telles que les responsabilités assurantielles, la réglementation incendie, les branchements électriques ou les installations sanitaires, c'est bien pour accueillir des utilisateurs. Et à Césure, ils ne manquent pas. C'est tout un métier d'organiser ce bazar pour que chacun trouve sa place, que le frottement soit créatif, et que tout cela soit lisible et ouvert sur le quartier. C'est un tiers-lieu hybride par la multiplication des acteurs et des usages, un espace commun fugace, un espace public en fait. C'est un vrai morceau de ville qui apparaßt sur la carte, mais pour un temps seulement.

Allons visiter les lieux avec Paul Citron et Alban Senault :

#84 Alban Senault et Paul Citron · Occupation temporaire à Césure
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– Sylvain Grisot (Twitter/Linkedin)

PS : Gros bug technique la semaine derniĂšre avec des liens qui ne mĂšnent pas bien loin. Promis, j'ai arrĂȘtĂ© de bricoler le serveur et dĂ©lĂ©guĂ© sa gestion Ă  des professionnels. Vous pouvez retrouver les bons liens sur cette page.

đŸ—“ïž 19 septembre. JournĂ©e francilienne de l’économie circulaire dans le bĂątiment et l’amĂ©nagement organisĂ©e par Ekopolis Ă  l’AcadĂ©mie du Climat. Cette annĂ©e, place aux filiĂšres bĂ©ton, brique et mĂ©tal Ă©tudiĂ©es sous l’angle de la rĂ©employabilitĂ©, Ă  une grande table ronde sur la chronotopie
 et, toujours, la participation des nombreux experts du rĂ©seau. (Informations)

🏠 Housing First. À Houston, on dĂ©truit aussi les campements illĂ©gaux, mais les sans-abris bĂ©nĂ©ficient d’un traitement particulier : on leur offre un logement. 25000 en ont bĂ©nĂ©ficiĂ© cette derniĂšre dĂ©cennie, permettant de rĂ©duire de 63 % le nombre de sans-abri. C’est l’application Ă  grande Ă©chelle des principe du housing first, qui commence par sortir de la rue les sans-abris en les mettant dans de vrais logements indĂ©pendants avant de s’attaquer aux causes, plutĂŽt que de positionner le logement au bout d’un long processus de rĂ©insertion. Tout cela ne s’est pas fait en un jour, mais ça marche. (NYT)

"In broken America it’s still possible for adversaries to share facts and come together around something contentious and difficult. Public and private, county and city, businesses and nonprofits, conservatives and liberals, the housed and unhoused: In Houston, enough of them have agreed on a goal that seems worth striving for. Working in concert, they have made genuine progress in housing previously unhoused people. And, so far, the benefits of collaboration have fended off the usual forces of entropy."

đŸ“» Podcast. David Abittan sait faire parler les femmes et les hommes qui bĂątissent et transforment nos villes. Et quand l’échange est avec RaphaĂ«l Menard d’AREP c’est passionnant. Si vous voulez comprendre l’influence de Pif Gadget, Chantal Goya et de la cĂŽte de bƓuf (et plein d’autres choses importantes) sur la conception architecturale en France, il faudra Ă©couter cet Ă©change. (Hors Concours)

📖 Post. Sur le mĂȘme filon, AREP sort le 2e opus de sa revue quasi-annuelle. On connaĂźt ces jolies productions des grandes entreprises de la fabrique urbaine qui parlent surtout d’elles-mĂȘmes en lavant plus vert que vert. Mais rien de cela ici. C’est une belle revue qui participe au dĂ©bat en donnant la parole Ă  beaucoup d'acteurs autour d’une question essentielle : les ressources matĂ©rielles consommĂ©es par la fabrique de la ville. On y dĂ©couvre notamment une Ă©valuation des ressources mobilisĂ©es par les diffĂ©rends de modes transports et leurs infrastructures, avec des chiffres inattendus. Et oui, sous l’angle des matiĂšres consommĂ©es par passager-kilomĂštre, l’avion est plus sobre que le vĂ©lo ou le train. (AREP)

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